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AIGLE DE DRAPEAU, MODÈLE 1815, PREMIER EMPIRE.

Vendu
AIGLE DE DRAPEAU, MODÈLE 1815, PREMIER EMPIRE.

L’aigle présente son profil droit, front très légèrement relevé, court bec busqué et fermé. Les ailes sont mi-déployées, légèrement plus basses que sur le Modèle 1804, plumes écartées, et extrémités pointées vers le bas, l’aile gauche tombant nettement en dessous du fuseau. Il est dressé sur sa serre gauche, en appui sur la mince terrasse du caisson (absente), tandis que la serre droite tient le fuseau de Jupiter sans éclairs, plus épais et placé plus en biais que sur le Modèle 1804.

Hauteur avant de l’aigle : 20,8 cm.
Hauteur arrière : 21,9 cm.
Largeur : 22,5 cm.
Hauteur de l'aile droite de l'aigle 15,9 cm (aile de gauche lorsqu'on examine l'aigle de face).
Hauteur de l'aile gauche de l'aigle 15,9 cm (aile de droite lorsqu'on examine l'aigle de face).
Longueur du fuseau : 14,2 cm.
Diamètre du fuseau : 2,2 cm.

Poids total : 1451 g.

Marquages : aucune marque extérieure visible.

France.

Époque Premier Empire (avril - mai 1815).

Bon état de conservation. L'aigle a en grande partie perdu sa dorure. Enfoncement léger sur la partie gauche de la poitrine de l'aigle et un autre moins visible à l'arrière de l'aile droite. Sur les bords extérieurs au niveau des ailes et de la tête sept petites entailles sont présentes, très certainement faites à l'époque suite à des coups d'armes blanches ; deux autres coups identiques sont présents sur le fuseau.
Quelques imperfections usuelles des soudures de la partie avant à la partie arrière de l’aigle.

PROVENANCE :
Aigle provenant de l'ancienne collection SAINT-AUBIN, cédée le 04 février 1936 à un collectionneur français, où elle resta en collection jusqu'en 2012.
Monsieur Marcel Saint-Aubin, est un collectionneur devenu antiquaire entre-deux-guerres. À ma connaissance aucune biographie ni article n'ont jamais été publiés sur cette personnalité qui est pourtant connue des collectionneurs et très souvent citée dans les provenances d'objets historiques souvent de grande qualité. C'est pourquoi je vais ouvrir mes archives pour faire mieux connaître ce grand connaisseur :
« Mobilisé lors de la Première Guerre Mondiale ainsi que son frère dans l’infanterie, ce dernier fut tué à Verdun. Tous deux partageaient les mêmes goûts pour les souvenirs militaires ; l’un et l’autre dessinaient et publiaient leurs dessins dans la revue « La Giberne » avant 1914.
Après la guerre il s'installe comme antiquaire. En 1926 il habitait au 108 rue de Ménilmontant (Paris 20ᵉ), soit très en dehors des quartiers de prédilection des antiquaires. Son choix portait sur la spécialité qui l’attirait depuis longtemps : la curiosité militaire. L’étincelle qui l’orienta vers cette spécialité, vint de sa première trouvaille : un sabre d’officier de cavalerie légère du Consulat, son premier beau sabre ; il l’appelait son « porte bonheur » et il l’avait toujours conservé.
Le métier d’antiquaire permettait à Saint-Aubin de voir et de posséder quelque temps ces objets tant appréciés. Fin connaisseur, il ne se trompait jamais et ses clients bénéficiaient de sa science. Chercheur passionné, tout ce qu’il découvrit dans sa vie fut étonnamment varié. Silencieux et modeste, il avait un art et une manière qui laissèrent un souvenir impérissable chez les amateurs l'ayant connu.
Comme la plupart des marchands d'objets militaires de cette époque, Marcel Saint-Aubin n’avait pas de magasin. Il recevait dans son appartement, peu d’objets s’y trouvaient et ils n’occupaient qu’une place provisoire. Généralement, comme Paul Jean, il allait chercher les objets qu’il voulait vendre dans la pièce voisine et il les présentait le plus souvent sans rien dire, avec un léger sourire, ou encore si l’objet présenté était vraiment exceptionnel, il disait simplement sans hausser le ton « C’est du nanan … ».
En juin 1940, lors de l’occupation, il part pour Guingamp. Il revint à Paris où il se réinstalla fin 1951, dans la maison qu’il avait acquise, 16 rue Henri Pape, dans le 13e arrondissement, une fois encore, très loin du quartier des antiquaires.
Son amour des objets dont il se séparait se retrouvait jusque dans le soin qu’il apportait à leur emballage. Très adroit de ses mains, il protégeait parfaitement la pièce la plus modeste.
Marcel Saint-Aubin est mort à l’âge de 83 ans, emportant avec lui l’estime de tous ceux qui le connurent, laissant unanimement le souvenir d’un homme ayant de grandes valeurs morales. »

RARETÉ :
Nous qualifions exceptionnellement de «rare» cet objet, tant ceux du Premier Empire authentiques sont par nature peu nombreux. Concernant ce type d'objet, une aigle modèle 1815 est particulièrement rarissime.

Nous basant sur l'ouvrage de Pierre Charrié "Drapeaux et Étendards de la Révolution et de l'Empire", et en complétant par nos visites de grandes collections ou de collections publiques, voici l'inventaire des aigles 1815 ; actuellement environ 76 aigles sont connues :

45e d'infanterie au Musée d'Edimburg.
52e d'infanterie vu en 1823 par un officier français, perdu depuis cette date.
86e d'infanterie (caisson refait sous le Second Empire) au musée de Genève.
105e d'infanterie au National Army Museum.
6e chasseurs à cheval en collection privée.
2e hussards au Musée de l'Armée à Paris.
2e Grenadier à pied de la Garde Impériale donné au Maréchal Oudinot, Duc de Reggio, par le Roi Louis XVIII en 1815.
Garde nationale, 67 aigles et 68 drapeaux ont été donnés par le Roi Louis XVIII à Wellington à Paris après la bataille de Waterloo, ils sont actuellement toujours conservés à Londres à Aspley Hiouse (maison du Duc de Wellington devenue musée).
Aigle sans caisson, retrouvée dans la Seine en collection privée.
L'aigle présentée aujourd'hui.

HISTORIQUE :

LES AIGLES DE DRAPEAUX DU PREMIER EMPIRE


Après la proclamation de l’Empire, le 18 mai 1804, Napoléon choisit l’aigle comme nouvel emblème de la Nation. Ce fut le peintre Jean-Baptiste Isabey qui dessina l’Aigle française figurant sur le sceau impérial.
Le 27 juillet 1804, Napoléon décida qu’une Aigle en bronze doré serait placée sur le sommet de la hampe des nouveaux drapeaux, étendards et pavillons tricolores. Il précisa que ce serait l’Aigle, et non plus la soie, qui constituerait essentiellement l’enseigne. Drapeaux et étendards prirent désormais le nom d’Aigles. Il fut prévu que chaque bataillon de troupes à pied et que chaque escadron de troupes à cheval recevrait une Aigle, soit un total de plus de 1 100 Aigles, y compris les 38 Aigles destinées aux pavillons de vaisseaux. Le caisson portait, à l’origine sur les deux faces puis uniquement sur la face antérieure, le chiffre du régiment.
L’Empereur tenait à remettre personnellement les Aigles : « Soldats, voilà vos drapeaux ! Ces aigles vous serviront toujours de point de ralliement ; elles seront partout où votre empereur jugera leur présence nécessaire pour la défense de son trône et de son peuple. Vous jurez de sacrifier votre vie pour les défendre, et de les maintenir constamment, par votre courage, sur le chemin de la victoire ». La première distribution, au Champ de Mars le 5 décembre 1804, fut la plus fastueuse et reste la plus célèbre, car immortalisée par le tableau de Jacques-Louis David. Le décret impérial du 18 février 1808 réduisant le nombre des Aigles à une seule par régiment, les Aigles excédentaires furent retournées à l’Administration de la Guerre et certaines furent à nouveau distribuées pour remplacer celles perdues au combat. Tout au long de son règne, Napoléon remit des Aigles lors de parades militaires dans la cour du château des Tuileries. L’article 1 du décret impérial du 25 décembre 1811 précisait : « Aucun corps ne peut porter pour enseigne l’aigle française s’il ne l’a reçue de nos mains et s’il n’a prêté le serment ». Toutefois certaines Aigles furent remises par le Ministre de la Guerre, et de rares autres par un officier général à des régiments éloignés lors de campagnes.
En 1810-1811, une nouvelle Aigle allégée fut distribuée à de nouveaux régiments ou à d’anciens autorisés à remplacer leur Aigle perdue. Fabriquée par Thomire sur le Modèle 1804, cette Aigle estampée est d’un poids réduit de plus de la moitié, mais d’une finition moins soignée. Lors de la commande des aigles pour la Garde Nationale le 28 mars 1815, Thomire facture 85 francs une aigle.
Après le retour de l’île d’Elbe, l’aigle Modèle 1815 fut conçue et fabriquée, et les distributions du 1er et du 4 juin 1815 revêtirent un caractère très solennel.
L’Aigle devait marcher avec la partie principale du corps où se trouvait le Colonel, et elle fut toujours farouchement défendue par les porte-aigles et le régiment. À Waterloo, le Général Pelet, alors qu’il se trouvait avec une poignée d'hommes et le porte-aigle des Chasseurs de la Vieille Garde, rallia ses troupes en criant, « À moi Chasseurs de la Vieille Garde, sauvons l'Aigle ou mourrons près d'elle ». Dans la défaite, l’Aigle fut dissimulée par des soldats prisonniers, enterrée ou détruite pour échapper à l’ennemi.

L'AIGLE MODÈLE 1815

Après la première abdication de Napoléon I, le 4 avril 1814, la presque totalité des Aigles avait été fondue sur ordre du gouvernement royal de Louis XVIII. Au retour de l’Empereur à Paris, le 20 mars 1815, de nouvelles Aigles, d’une allure sensiblement différente de celles du Modèle 1804, furent commandées en hâte à Thomire - Duterne et Cie. Les 292 Aigles réalisées furent solennellement remises au Champ de Mai, le 1er juin 1815, et aux Tuileries, le 4 juin 1815. La distribution du 1er juin concernait l’Armée : 8 Aigles pour la Garde Impériale, 132 pour les troupes à pied et 66 pour les troupes à cheval. Le 4 juin 1815, 87 Aigles furent remises à la Garde Nationale.
Référence : 3293
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